Categories Jardins à vivre, Reportages

Le jardin naturel et structuré de Frédéric Trifilio

Respecter le caractère naturel d’un lieu tout en y imprimant sa marque, tel a été le défi de Frédéric Trifilio pour ce jardin provençal.

 

Un jardin « construit et sauvage »

Réalisation Les Jardins des Arcades, Frédéric Trifilio © Les Jardins des Arcades

 

Situé sur les hauteurs de Saint-Didier, ce jardin bénéficie d’un cadre rêvé pour un paysagiste : faisant face au mont Ventoux, le terrain est placé au cœur d’un environnement typiquement provençal, avec un paysage vert et vallonné, agrémenté de taches orangées formées par les falaises et les habitations alentour. De ce fait, les propriétaires souhaitaient un jardin qui respecte cette nature splendide. Frédéric Trifilio a donc travaillé sur un espace structuré sans pour autant étouffer l’aspect brut du site, une dichotomie dont il a su faire une force en concevant un lieu habilement « construit et sauvage, net et flou ». Le jardin entoure une propriété contemporaine qui contraste avec son environnement. Le paysagiste l’a imaginée comme le cœur du pôle ordonné de l’espace. Autour, la végétation y est clairement organisée, entre des haies au carré, des oliviers taillés en paupière et les plants très nets de bruyères. Ce caractère travaillé du jardin se retrouve aussi à travers les plantes aux couleurs vives qui tranchent avec le vert environnant.

 

S’adapter au lieu

Réalisation Les jardins des Arcades, Frédéric Trifilio © Les Jardins des Arcades

 

Pourtant, en s’éloignant de la maison, l’apparence structurée s’estompe pour laisser place à une nature plus primitive. Pour construire cette progression, le paysagiste s’est servi du terrain, il a adapté sa vision à la topographie. La propriété étant bâtie sur un surplomb, il a usé du dénivelé pour marquer l’infiltration progressive du naturel dans ce cadre agencé. Les cyprès sont les premiers marqueurs de cette transformation. Leur allure rustique, leur taille impressionnante font surgir de la verticalité dans un endroit défini jusque-là par l’horizontalité. Au-delà, la nature reprend ses droits avec ses arbres et arbustes en bataille, que Frédéric Trifilio n’hésite pas à décrire comme des « sentinelles du domaine ». Les fascines en bois agissent comme des marqueurs dans la structure du lieu. Nécessaires en raison du dénivelé, elles servent de repères entre la partie « civilisée » de l’endroit et celle, plus sauvage, qui l’entoure. En effet, la végétation indigène semble descendre le flanc du terrain pour s’immiscer dans le jardin composé et maîtrisé. Une ancienne bâtisse en ruine domine d’ailleurs la propriété, ajoutant au caractère romantique de cette nature inaprivoisée. Frédéric Trifilio a donc réussi son pari en mêlant habilement le paysage naturel et celui créé par l’homme, sans que l’un empiète sur l’autre. C’est cet équilibre savamment entretenu qui permet, selon lui, d’obtenir ce lieu « hors du temps tout en étant, également, très organisé ».

 

David Kabla

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