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Las Pozas, un jardin surréaliste au cœur de la jungle!

2 mai 2018 Posted by Jardins à vivre, Professionnel, Reportages 0 thoughts on “Las Pozas, un jardin surréaliste au cœur de la jungle!”

Le Jardin de Las Pozas a été créé par l’homme d’art et poète anglais Edward James durant la seconde moitié du XXe siècle. Situé au Mexique, au milieu de la jungle tropicale, il est composé d’immenses sculptures en béton aux esthétiques diverses. Un lieu original et fascinant niché au cœur d’une nature sauvage.

 

Un jardin de sculptures en pleine jungle

Jardin de Las Pozas © Mike Corey (Postandfly), Sebastiàn Labaronne

 

Près de la commune mexicaine de Xilitla, la jungle abrite une curiosité qui attire chaque année environ 720 000 visiteurs. Il s’agit du jardin de sculptures de Las Pozas, création de l’homme d’art et poète britannique Edward James. Après avoir acheté le terrain en 1947, il transforme l’ancienne plantation de café en espace botanique dédié aux orchidées. Cependant, en 1962, le gel détruit l’ensemble des fleurs. Naît alors le projet de transformer ce domaine de 32 hectares en un parc de sculptures en pleine forêt tropicale. De 1962 à sa mort en 1984, il va s’atteler à la construction de son grand œuvre en construisant 36 sculptures géantes aux esthétiques diverses allant de l’art égyptien à l’art mésopotamien. 

 

Le jardin de Las Pozas : un lieu sous influence surréaliste

 

L’ensemble du lieu est très influencé par le surréalisme, mouvement dont Edward James fut très proche en tant qu’artiste mais également comme mécène en apportant son soutien à de grandes figures comme Salvador Dali ou René Magritte. Il installe ainsi des colonnes qui ne soutiennent rien ou des escaliers qui ne mènent nulle part, créant une sorte de labyrinthe de béton. Les titres des différents sites témoignent également de ce goût prononcé pour le surréalisme avec des noms comme « L’escalier vers le paradis », « La maison de trois étages qui pourraient être cinq », « Le lieu avec un toit de baleine » ou encore « Le chemin des 7 péchés capitaux ». On retrouve des symboles particulièrement chers à ce mouvement esthétique avec une piscine en forme d’œil, installation qui permettait au poète anglais de se baigner dans la « pupille ». Le projet coûta à l’artiste plus de 5 millions de dollars et il dut vendre une partie de sa collection de peintures et d’objets d’art pour le financer. Sept ans après sa mort, en 1991, le jardin est ouvert au public et attire depuis de nombreux visiteurs, fascinés par la qualité onirique du lieu et le désir démiurgique de son créateur qui n’est pas sans rappeler un certain Fitzcarraldo et son projet fou de créer un opéra en pleine forêt amazonienne.

 

Découvrez notre vidéo du jardin de Las Pozas :

 

David Kabla 

Jardin du Feu © Yann Monel

Sculpture au jardin avec le « Jardin du feu »

19 avril 2018 Posted by Paysagiste, Rencontres 0 thoughts on “Sculpture au jardin avec le « Jardin du feu »”

En Normandie, dans le petit village de la Chapelle-sur-Dun, le terrain de Robert Arnoux abrite une création où se mêle sculpture et paysagisme. Ce «Jardin du Feu» met en scène l’histoire d’un élément essentiel de la nature et indissociable de l’humanité.

 

Le « Jardin du feu », l’histoire d’un élément inhérent à la vie

Jardin du Feu © Yann Monel

 

Première étape de l’aménagement de son terrain en un vaste parc de sculptures, le « Jardin du Feu » se présente comme une vision très personnelle de l’histoire du feu par le sculpteur Robert Arnoux. Entamée en 2016, cette création est le fruit de sa collaboration avec le paysagiste Guillaume Gosse de Gore avec lequel il a commencé à travailler en 2012 pour l’exposition « Terre des Âmes » aux Jardins de Séricourt. Avec cette nouvelle réalisation, le sculpteur a voulu raconter l’histoire de cet élément essentiel à la vie sur terre. Il explore la façon dont le feu est apparu, d’une simple étincelle à son surgissement hors des entrailles de la terre, avant de consacrer une réalisation conséquente à la relation qui s’est tissée entre ce dernier et l’Homme.

 

Une galerie à ciel ouvert

Jardin du Feu © Yann Monel

Jardin du Feu © Yann Monel

 

Ses sculptures, que l’on retrouve dans l’ensemble du domaine, frappent par leur représentation du corps. L’être humain apparaît sous la forme d’une silhouette épurée. Pas de visage, de bras ou de jambes, hommes et femmes sont réduits à l’essentiel. Pourtant, de ces œuvres se dégagent une véritable émotion. À travers un savant travail sur les rondeurs et les poses, le sculpteur parvient à donner à ces statues un aspect vivant, sensuel. La nuance de beige légèrement orangé de la matière ajoute également une certaine impression de douceur. L’épure du style, en gommant les traits de l’individu, confère une universalité à ces figures qui apparaissent comme des représentations intemporelles de la condition humaine. Pour parvenir à ce rendu particulier du matériau, Robert Arnoux utilise une méthode originale : il applique la technique de la fresque à la sculpture. Ainsi, il pose de nombreuses couches d’accroche avant de déposer un enduit très fin. Ce résultat est l’aboutissement d’un long travail. Il fallait une matière qui puisse résister aux aléas du climat (chaleur, froid, humidité…). Après de nombreux essais, l’artiste a abouti à ce matériau résistant et léger, idéal pour une installation en extérieur.

 

Un jardin comme un écrin végétal

Jardin du Feu © Yann Monel

 

Le jardin qui abrite ces trois réalisations forme un écrin autour des créations sculpturales. Si cette végétation est peu présente à l’entrée du site ( plantes basses telles que des imperata red baron ou carex doré pour les deux premiers ensembles), elle se fait de plus en plus dense pour encadrer le dernier cercle avec des haies, des arbustes (berberis, maria…) ou encore des plantes verticales (miscanthus gracilimus)… La flore suit la progression du feu. Ainsi l’apparition de l’homme dans le jardin semble correspondre à l’épanouissement de la nature. Celle-ci confère aux scènes décrites plus haut un air de ressemblance avec les peintures italiennes de la Renaissance. À l’instar de celles-ci, Robert Arnoux représente souvent des scènes de famille, de maternité et cette végétation dense mais maîtrisée rappelle les jardins qui servent presque toujours de décor à ces œuvres picturales. Le sculpteur et le paysagiste Guillaume Gosse de Gorre paraissent donc avoir repris cette association de la nature à la représentation de l’originel, ces statues ayant elles aussi vocation à figurer des scènes à la fois immémoriales et intemporelles de l’humanité.

 

Découvrez nos images du « Jardin du Feu » :

 

 

David Kabla

 

 

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