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Nantes, ville verte inspirante

20 août 2018 Posted by Hors les murs, Professionnel 0 thoughts on “Nantes, ville verte inspirante”

Nantes mène une politique environnementale avant-gardiste et s’offre la deuxième place au classement Unep  des villes les plus vertes de France. Des centaines de projets de végétalisation portés par la municipalité et les citoyens sont en train d’éclore.

Réaménagement de l’esplanade nord de la gare de Nantes et ouverture du Jardin des plantes sur le parvis (horizon 2019). Phytolab, avec Forma 6/Arcadis/Vicarini ; Air Studio.

Nantes, ville fleurie

Nantes valorise une histoire horticole ancienne. Depuis les premières acclimatations de végétaux réalisées au Jardin des plantes au XVIIe siècle, et son vaste bassin de production végétale, la ville fleurie est une référence en France. Ces atouts sont pérennisés par des grands moments festifs, tels que les Floralies internationales, qui ont lieu tous les cinq ans au mois de mai au parc de la Beaujoire, et La Folie des plantes, qui envahit le parc du Grand-Blottereau chaque année en septembre.

Une ville verte ambitieuse

La jeune maire de Nantes, Johanna Rolland, ne cache pas son ambition de placer durablement la cité des ducs de Bretagne en tête des villes les plus vertes d’Europe. Une distinction que Nantes avait déjà obtenue en 2013. Ses différents projets et son budget d’investissement dans les espaces verts lui en donnent les moyens. La ville consacre 135 euros par an et par habitant à l’entretien et à l’aménagement de ses espaces verts, soit trois fois plus que la moyenne nationale, qui plafonne à 46,50 euros. Et ses investissements dans la création d’espaces végétalisés sont quatre fois plus importants que la moyenne des villes de l’Hexagone. Une priorité à la poursuite de sa conquête du palmarès des villes où il fait bon vivre.

« La ville dans un jardin »

Transformation urbaine des bords de Loire (place de la Petite-Hollande, Gloriette, canal Saint-Félix, quai de la Fosse), à l’horizon 2030. Agence TER.

Le plus vaste projet végétal de Nantes s’intitule « La ville dans un jardin ». Il a pour intention de dessiner une étoile verte de 130 hectares au cœur de la ville. Ce grand parcours des parcs nantais devrait, à terme, relier en étoile tous les espaces verts et les coulées vertes pour permettre une balade dans la ville sans interruption du milieu végétal.

Le projet fait ainsi communiquer l’historique Jardin des plantes au parvis de la gare, qui en profite pour se transformer en esplanade végétalisée. Les bords de Loire entame également leur métamorphose en une succession de jardins aériens allant de la place de la Petite-Hollande au quai de la Fosse, avec des tables et des vergers pour « déguster » les fruits produits par les arbres. Autre projet prévu pour l’année prochaine : Nantes fera de la carrière du Bas-Chantenay son cent-unième parc, avec des cascades et une végétation luxuriante. Un projet phare qui accueillera l’Arbre aux hérons, dans la lignée des Machines de l’île. Dans quinze ans, Nantes sera convertie en oasis aux profits des vélos, des piétons et d’une meilleure qualité de vie.

Création d’un « Jardin extraordinaire » dans le quartier Chantenay (horizon 2019).

Création d’un « Jardin extraordinaire » dans le quartier Chantenay (horizon 2019).

Appel à projets « Ma rue est un jardin »

La municipalité ne se contente pas de lancer des projets, elle fait également appel à ses habitants pour végétaliser une rue, un trottoir, un mur, un pied d’immeuble ou d’arbre. Le nouvel appel de 2018 est en cours, celui de l’année passée avait permis la réalisation de cent-dix projets de végétalisation participative : au pied d’arbres ou de murs, sur des friches transformées en espace commun de jardinage et de culture.

UNEP: Union nationale des entreprises du paysage.

Samantha Pagès

Transformation urbaine des bords de Loire (Place de la Petite Hollande, Gloriette, Canal Saint-Félix, Quai de la Fosse) à l'horizon 2030 agence TER

Observatoire des villes vertes : Le végétal prend le pas sur le béton !

4 juin 2018 Posted by Professionnel, Tendances 0 thoughts on “Observatoire des villes vertes : Le végétal prend le pas sur le béton !”

Le végétal sera-t-il la clé de la ville de demain ? Pour  sa 6e  enquête , l’Observatoire des villes vertes  a interrogé 21 villes engagées dans le développement de la végétalisation urbain. L’UNEP et Hortis dévoilaient les premiers résultats lors d’une conférence de presse à Jardins Jardin. 

 

Transformation urbaine des bords de Loire (Place de la Petite Hollande, Gloriette, Canal Saint-Félix, Quai de la Fosse) à l'horizon 2030 agence TER

Transformation urbaine des bords de Loire (Place de la Petite Hollande, Gloriette, Canal Saint-Félix, Quai de la Fosse) à l’horizon 2030 Agence TER

 L’Union Nationale des Entreprises du Paysage (Unep), en partenariat avec Hortis, les responsables d’espaces nature en ville,  viennent de dévoiler ce jour les résultats d’une nouvelle étude menée dans le cadre de l’Observatoire des villes vertes. Pour cette 6e enquête, 21 villes ont été interrogées sur la place des infrastructures vertes dans leurs politiques urbaines. Résultat : les collectivités les plus en pointe ont pris conscience de l’atout que représentent les infrastructures vertes pour développer la biodiversité, améliorer le cadre de vie des habitants et favoriser l’attractivité de leur territoire. Les projets de végétalisation d’infrastructures « grises » quant à eux se multiplient. Pour Catherine Muller, présidente de l’Unep, il est souhaitable que cette dynamique s’étende rapidement à l’ensemble des villes Françaises. Le panel comprenait : Angers, Besançon, Brest, Caen, Courbevoie, Créteil, Grenoble, Le  Havre,  Lyon, Marseille, Montigny-lès-Metz, Montreuil, Montpellier, Nantes, Nice, Orléans, Paris, Reims, Strasbourg, Tourcoing, Villeurbanne.

 

 

Le végétal prend progressivement le pas sur le béton

La notion « d’infrastructure verte » englobe tous les espaces végétalisés, naturels ou aménagés – par opposition aux « infrastructures grises » : routes goudronnées, bâtiments. Pour cette étude, l’Observatoire des villes vertes a interrogé 25 villes parmi les plus en pointe ; celles dont les politiques liées au végétal préfigurent les futures tendances.

Premier enseignement : la végétalisation d’infrastructures grises est largement pratiquée par les collectivités interrogées. 7 sur 10 ont des projets en cours, qu’il s’agisse de végétaliser des parkings, des toitures de bâtiments collectifs, des voiries ou des ronds-points, comme par exemple la place de la Nation à Paris.

La végétalisation des voies de tramway, à l’instar des travaux démarrés en début d’année à Brest, est encore plus plébiscitée (8 villes sur 10). La végétalisation de pistes cyclables est en bonne voie, même si certaines villes sont plus investies que d’autres en la matière. Ces initiatives peuvent aller jusqu’à la création de véritables « voies vertes », comme à Angers où une ancienne voie ferrée a été entièrement végétalisée afin de relier la ville aux communes avoisinantes, (et permettre aux habitants de les emprunter à pied ou à vélo).

« Pour les Français, la ville idéale est d’abord écologique et végétale [1]. Les bons résultats de cet Observatoire en matière de végétalisation d’infrastructures grises sont encourageants, car si les villes françaises souhaitent s’adapter aux aspirations de leurs citoyens, il est impératif qu’elles investissent non seulement dans la création de nouveaux espaces verts, mais également dans la végétalisation des infrastructures existantes » analyse Catherine Muller, Présidente de l’Unep. « Pour les y aider, les professionnels du paysage disposent de toutes les compétences techniques, végétales et écologiques nécessaires. »

[1] Source : étude Unep–Ifop 2016 « Ville en vert, ville en vie »

 

 

Bords de Vienne 2013 © Vincent Schrive -Ville de Limoges

Bords de Vienne 2013 © Vincent Schrive -Ville de Limoges

Nouvelles infrastructures : parcs, coulées vertes et berges végétalisées en tête

Les parcs et jardins sont les infrastructures vertes les plus communément mises en œuvre par les villes du panel : toutes en sont dotées, et 1 sur 2 prévoit d’en créer de nouveaux d’ici 3 ans – à l’instar du futur parc paysager des Aygalades à Marseille. 7 villes sur 10 disposent de coulées vertes et plus d’1 sur 2 a lancé un projet visant à restaurer ou développer la végétalisation pour renforcer ses berges, valoriser l’écosystème et limiter l’érosion.

Les zones humides et les noues végétalisées, figurent également au rang des infrastructures vertes relativement courantes au sein du panel de l’Observatoire : 7 villes sur 10 en sont dotées, et 3 sur 10 projettent d’en implanter de nouvelles dans les 3 prochaines années. Ces infrastructures sont les principales solutions vertes pour améliorer la gestion des eaux et prévenir efficacement les risques d’inondation.

S’agissant des forêts urbaines, qui sont un atout majeur pour améliorer durablement la qualité de l’air en ville, seules 4 villes sur 10 en bénéficient, et plus rares encore sont celles qui prévoient d’en implanter une. Cette tendance s’explique sans doute par les fortes tensions sur le foncier urbain.

Pour Catherine Muller, « Il est rassurant de constater que les collectivités interrogées intègrent la présence d’espaces naturels et aménagés comme des leviers clés de leur développement et se détournent de l’ère de l’artificialisation des sols, cause principale de l’augmentation des inondations. Pour généraliser ces bonnes pratiques auprès de l’ensemble des villes françaises il faudrait, a minima, introduire dans le règlement des PLU et PLU(i) l’obligation de développer les espaces verts. »

Des leviers essentiels pour relever les défis environnementaux et urbains

Véritable « patrimoine naturel », les infrastructures vertes sont la réponse à de nombreuses problématiques environnementales, sanitaires et économiques auxquelles les collectivités se retrouvent confrontées : développement de la biodiversité, gestion des catastrophes naturelles, attractivité des territoires… Elles préfigurent ainsi la ville résiliente de demain.

Pour 9 communes interrogées sur 10, la biodiversité et l’amélioration du cadre de vie sont les principales raisons ayant présidé au développement d’infrastructures vertes sur leur territoire. En revanche, seulement 4 sur 10 mentionnent également la gestion de l’eau. Un point pourtant essentiel au regard de la multiplication des phénomènes d’inondations ces dernières années. Utiliser des infrastructures végétales permet de diminuer les quantités d’eaux traitées issues des systèmes de récupération artificielle d’eaux de pluie, et réduit ainsi les coûts d’investissement et d’entretien. Cette approche présente en outre l’avantage de favoriser la reconstitution naturelle des nappes phréatiques : au lieu de ruisseler, les eaux de pluie s’infiltrent et sont épurées dans le processus.

Enfin, dernier enseignement-clé de l’étude : la quasi-totalité des communes interrogées a adopté une démarche globale, dans laquelle le service « espaces verts » travaille main dans la main avec la direction de l’urbanisme. Une manière intelligente de s’assurer que les futurs projets urbains tiennent compte du végétal, et que les infrastructures vertes soient envisagées comme des réponses essentielles aux défis de la ville de demain.

Jean-Pierre Gueneau, Président d’Hortis, conclut : « Plus de 8 Français sur 10 veulent vivre près d’un espace vert, et 6 sur 10 estiment que créer des espaces verts devrait être la priorité n°1 de leur maire [2]. La force des infrastructures vertes est d’être à la fois une réponse à ces attentes des citoyens, et un levier majeur pour répondre aux défis environnementaux auxquels nos villes doivent faire face : développer la biodiversité, prévenir les inondations et limiter la pollution. Espérons que l’exemple donné par les villes les plus en pointe se diffuse rapidement. »

 

[2] Source : étude Unep–Ifop 2016 « Ville en vert, ville en vie »

 

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