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Jardin aquatique, entre piscine et nature

17 juillet 2017 Posted by Jardins à vivre, Reportages 0 thoughts on “Jardin aquatique, entre piscine et nature”

La réussite de ce jardin tient dans l’habile équilibre entre une esthétique de plans d’eau naturels et une réorganisation des arbres et arbustes, présents à l’origine.

INSPIRATION À LA SOURCE • Les propriétaires n’ont pas hésité à aller chercher des nénuphars dans leur milieu nature

 

Dans la région de Castillon, ces propriétaires voulaient profiter de la rénovation de l’arrière de leur maison pour aménager une cuisine, installer des baies vitrées, et ouvrir cette partie sur une succession de plans d’eau, dans un esprit proche de la nature. Au départ, ils imaginaient même gérer le traitement de l’eau grâce à une sélection de plantes adéquates. Mais compte tenu des contraintes de surfaces de lagunage et de celles posées par le traitement des bactéries au-delà de 25° C, ils se sont orientés davantage vers une esthétique naturelle, travaillant de concert avec le cabinet d’architectes Éric Testianiotto, un paysagiste et l’équipe de Piscines Sud Océan, du groupement L’esprit piscine. Ainsi, d’une vaste étendue de broussailles avec quelques arbres, après une mise à nu totale du terrain, au final, le jardin comprend trois bassins, dont deux semblent imbriqués dans la piscine principale. Tous ont une structure en béton. Le couloir de nage, d’une longueur de 17 x 2,50 mètres, a été revêtu d’une membrane armée gris anthracite, pour appuyer l’idée de profondeur et s’inscrire dans ce cadre brut. Comme les plages et les margelles, la terrasse de la maison a été réalisée en bois exotique, accentuant ainsi ce paysage de bord de l’eau immédiat et de plans d’eau naturels. Ce sont ces plans d’eau qui donnent le cachet et paraissent présents depuis toujours. Des nénuphars aux papyrus en passant par les roseaux, la menthe aquatique, les plantains d’eau, les prêles ou les renoncules (Caltha palustris), le mariage des végétaux a été travaillé pour, d’une part, apporter quelques plantes oxygénantes, comme les Ceratophyllum demersum, et, d’autre part, pour respecter l’inspiration naturelle… au point que certaines ont été directement prélevées in situ ! Pour renforcer ce plan d’eau aquatique, une passerelle bordée d’iris longe le mur. Déplacés au fond du jardin pour laisser place à la construction des bassins, les massifs d’hortensias, les bosquets de noisetiers et les catalpas s’inventent une nouvelle vie aux côtés d’un érable, de cyprès, de bambous et de rhododendrons. La pelouse qui frange le garage se fond dans l’esthétique commune, invite à un autre repos. In fine, d’un jardin somme toute classique, cet espace outdoor apporte aujourd’hui un dépaysement inspirant, dans une harmonie générale subtilement travaillée.

PAYSAGE RECOMPOSÉ • Joncs, iris, cornifles (Ceratophyllum demersum)… Le mariage de plantes aquatiques accentue cette impression de bord d’étang.

 

ESTHÉTIQUE REVISITÉE • L’arrière de la maison a été rénové pour faire place à une cuisine ouverte sur une terrasse en bois – dans l’esprit d’un ponton –, avec vue sur l’ensemble du jardin

 

Nathalie Degardin

Photos Marc De Tienda

Réalisation Piscines Sud Océan (33) Groupement l’Esprit Piscine

Serene Sanctuary

Serene Sanctuary, le jardin urbain parfait pour la méditation

28 mars 2017 Posted by Jardins à vivre, Reportages 0 thoughts on “Serene Sanctuary, le jardin urbain parfait pour la méditation”

Détente, paresse, contemplation… Chacun trouve sa place dans ce jardin serein et chaleureux, conçu par le paysagiste irlandais Alan Coffey.

jardin méditation

 

Pour la dernière édition de Bloom, à Dublin, Alan Coffey a imaginé « un espace de méditation pour des vies occupées ». Il a relevé le défi de construire un jardin suffisamment compartimenté pour en multiplier les usages en société sans se gêner. Assurant la fluidité de la circulation par un jeu de pergolas, il laisse respirer l’espace en ne gardant que les piliers de la construction, même si on imagine tout de suite la possibilité de couvrir partiellement des recoins par des voiles d’ombrage.

jardin méditation

La force de ce jardin ? Une subtile composition des hauteurs, annoncée dès l’entrée par la présence de hauts Acer palmatum de 3,5 à 4 mètres, à côté de la première arche en bois, qui évite un sentiment d’enfermement, et des massifs de plantes de différents niveaux, des haies de buis, parfois taillés en cubes. Si le sol est revêtu d’une alternance de dalles de béton poli et de pierres, la présence du bois, dans la structure comme dans les assises, en fait un lieu particulièrement simple et chaleureux. En harmonie avec la végétation foisonnante, les murs d’un bleu intense renforcent cette impression d’écrin à la fois apaisant et vivant, cette couleur étant d’ailleurs reprise pour souligner le contour de l’estrade-banquette, comme un lien dans les hauteurs.

jardin méditation

Çà et là, des sculptures se détachent à l’image de fleurs éternelles, en osmose avec la composition florale blanche dominante, associant notamment Lychnis ‘White Robin’, Aconitum white, Astrantia major ‘Shaggy’, Digitalis white, coeurs-de-Marie blancs (Dicentra spectabilis ‘Alba’), subtilement ponctués des ombrelles des Anthriscus sylvestris ‘Ravenswing’ et des grappes des Thalictrum delavayi ‘Splendide’ white. L’effet luxuriant est renforcé par la venue des vivaces, tels les Darmera peltata au feuillage ample, les Hosta ‘Krossa Regal’ bleutés, ou les fougères Dryopteris affinis ‘Cristata’, pour ne citer que ces plantes, car la composition est bien plus riche, fleurtant aussi avec des tonalités violettes et noires apportées par des ancolies (Aquilegia black ‘Barlow’). Élément important d’un cadre serein, l’eau est présente, avec un petit bassin surmonté d’un pas japonais. On notera aussi un rideau de perles transparent, situé face au coin repos, qui tombe également dans une rigole, comme un mur d’eau stylisé. Enfin, la rougeur des bambous sacrés (Nandini domestica) et des érables japonais donne un éclat flamboyant et laisse une impression joyeuse, comme la touche finale d’un peintre sur sa toile.

Serene Sanctuary

 
« Serene Sanctuary », création Alan Coffey, sponsor « Irish Country Magazine », médaille d’or Bloom 2016.

 

Nathalie Degardin- Photos Laurent André

jardin urbain banc

Un jardin urbain dans un ancien entrepôt

14 mars 2017 Posted by Jardins à vivre, Reportages 0 thoughts on “Un jardin urbain dans un ancien entrepôt”

Au cœur de la Cité des papes, un jardin urbain conçu par le paysagiste Sylvère Fournier joue admirablement sur les illusions pour prolonger l’espace et inscrire un cadre naturel, facile à vivre !

jardin urbain banc

Au centre d’Avignon, un ancien entrepôt est reconverti en habitation. Pour assurer une continuité avec un aménagement ultra-contemporain, les propriétaires confient la conception de l’espace extérieur à Sylvère Fournier. Le paysagiste comprend vite leurs attentes : d’une part, avoir un jardin urbain qui nécessite peu d’entretien, car ceux-ci ne peuvent y consacrer que peu de temps, et surtout en profiter, et rapidement ! D’autre part, tenant compte de leurs goûts pour les plantes exotiques, Sylvère Fournier a carte blanche pour proposer des associations de végétaux. Dans un cadre urbain, fermé, le paysagiste peut davantage se permettre des compositions différentes, car elles n’ont pas à entrer en harmonie avec le paysage alentour. Ainsi, en avant-scène, cohabitent le feuillage vert des aralias, la structure graphique des agaves et des yuccas, les troncs multiples des Dracaena, la dentelle des cycas. Et pour assurer un cadre léger, çà et là, Stipa et papyrus apportent une note de flou dans la rigueur de la structure, tandis que le thym rampant et les fleurs blanches du Lippia couvrent le sol.

jardin urbain sylvère fournier

 
Le carrelage a été choisi pour faciliter le nettoyage de la terrasse ; l’imitation bois assure une transition douce vers l’extérieur et met en valeur les allées de gravier et les bordures en galets de la Durance. Difficile d’imaginer que ce revêtement, qui paraît si naturel, succède dans les faits à une dalle goudronnée ! Toujours dans l’idée d’un entretien aisé, le sol a été bâché, de façon à éviter la pousse de mauvaises herbes. Enfin, comme c’est souvent le cas dans la région, l’arrosage est programmé. Reste le plaisir pour le propriétaire de cisailler de temps à autre les troènes pour maintenir leur forme en boule.

jardin urbain plantes

 
Ce jardin urbain comprend deux terrasses, l’une vers l’entrée, assez spacieuse, où l’on imagine recevoir, l’autre plus intime, près des chambres, davantage propice à la détente. Pour mettre en valeur ce terrain de 300 mètres carrés, Sylvère Fournier a choisi de s’appuyer sur les limites de la propriété et d’habiller les longueurs des murs, comme la conception d’un fond d’écran vert à laquelle participent bambous et camphriers, qui vient alors mettre en valeur les compositions florales. Comportant une grande part de persistantes, le jardin reste habillé toute l’année, avec une floraison conçue pour durer six mois, amorcée par celle de la verveine de Buenos Aires dès le printemps.

 

jardin urbain panneau décoratif

 
Pour la touche déco, les panneaux sculpturaux en ardoise jouent la continuité avec les pas japonais, tandis que des petites souches de bois flotté, trouvées dans le Rhône, apportent cette signature si naturelle, propre aux créations de Sylvère Fournier.

 

Nathalie Degardin- Photos : Laurent André

 

paysage forêt

Rétro 2017 : dernières semaines pour « Paysages français »

2 janvier 2017 Posted by Agenda 0 thoughts on “Rétro 2017 : dernières semaines pour « Paysages français »”

« Paysages français », une aventure photographique à la BnF (1984-2017) jusqu’au 4 février.

A la BnF, une exposition magistrale nous dresse un portrait de la France, vue par une trentaine de photographes contemporains. Au rythme d’une ballade sur quatre décennies, ils nous révèlent avec acuité les transformations du paysage hexagonal, tant rural qu’urbain : nous est ainsi proposée une exploration physique, politique et socio-économique du territoire tout en révélant des partis pris artistiques.

                                      

A l’initiative de la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale (DATAR), en 1984, sous l’impulsion de Bernard Latarjet et de François Hers,  une trentaine de photographes sont dépêchés aux quatre coins de la France afin de présenter leur vision du paysage français. Ce fut la première mission d’une longue série de projets photographiques soutenus par l’Etat (tels l’Observatoire photographique national du Paysage ou le Conservatoire du littoral…) ou par des collectifs de photographes  (tels  France 14,  France(s) Territoire Liquide…).   Loin d’un travail de recensement de lieux français, l’enjeu est  de refléter leur propre représentation du territoire, tout en révélant les grandes métamorphoses qu’il a subies au fil du temps. Sélectionnés par les deux commissaires Raphaële Bertho et Héloïse Conesa, les quelque 1 000 tirages dévoilés dans cette exposition « Paysages français » témoignent ainsi doublement de l’évolution d’un genre photographique – la photographie de paysage – tout en rendant compte des mutations  en cours depuis plus de 30 ans sur notre territoire.

Les années 80 qui amorcent l’expérience du paysage

Quand en 1984, la DATAR  confie à 29 photographes, déjà célèbres ou encore inconnus pour certains, la mission de représenter le paysage français des années 80, elle ne leur commande pas un inventaire, mais recherche justement leur point de vue d’auteurs pour questionner l’époque. Jouissant d’une grande liberté de création, Robert Doisneau, Raymond Depardon, en passant par Lewis Baltz ou l’Italien Gabriele Basilico… posent ainsi un regard propre les paysages urbains et naturels, des côtes de la Normandie à Marseille, qu’ils soient en rupture ou en continuité avec leurs représentations habituelles du paysage : l’idée est de rendre compte d’une « expérience du paysage ».

 

Si Raymond Depardon offre une représentation critique de l’exploitation agricole de son enfance,  Tom Drahos présente une banlieue parisienne méconnaissable. De la même façon, Robert Doisneau s’inspire de la banlieue de Paris en immortalisant des tours de béton. Suzanne Lafont, quant à elle cultive l’art du plan échelonné pour nous engouffrer dans sa composition verticale où la terre, la mer et le ciel s’agencent avec justesse.

Robert Doisneau, mission photographique de la DATAR, série « Banlieue d’aujourd’hui, dans les banlieues et villes nouvelles de la région parisienne »  Tours Mercuriales, Porte de Bagnolet, Bagnolet Seine-Saint-Denis, 1984 © Robert Doisneau / GAMMA-RAPHO

 

Le temps du paysage qui exploite les transformations durant les années 90

Dans les années 90, le paysage constitue un élément central des politiques d’aménagement du territoire avec l’adoption de la loi « Paysage » en 1993. Considéré comme un héritage à protéger, le paysage français et ses permanentes évolutions sont saisies par la photographie. On perçoit alors deux dynamiques : la valorisation  visuelle d’un patrimoine et une observation des changements, dans une optique plus documentaire.

Sabine Delcour, mission photographique du Conservatoire du littoral série « Delta de la Leyre », 2006-2007 © Sabine Delcour / Cliché Mission photographique du Conservatoire du littoral- Fonds  géré par l’association A travers le paysage, Arles.

 

C’est ainsi que Serge Sautereau et Martin Becka valorisent les chantiers d’envergure des années Mitterrand, ou que Sabine Delcour ou Jean-Christophe Ballot vont travailler une nouvelle  narration photographique du paysage, entre des compositions épurées ou foisonnantes, dans l’esprit d’une rencontre avec des sites naturels remarquables. De nombreux artistes  se sont intéressés aux sur les grands ensembles et à l’évolution de leur perception : après la Seconde Guerre mondiale, ils sont  associés à la modernité et au confort,  comme le reflètent les compositions archéologiques de Catherine Poncin, les cartes postales de Mathieu Pernot mais aussi les portraits romantiques de Laurent Kronental. Dès les années 1980, ils cristallisent à l’inverse  les marqueurs d’une  fracture sociale et urbaine. 

Laurent Kronental, série « Souvenir d’un Futur », Joseph 88 ans, Les Espaces d’Abraxas, Noisy-le-Grand, 2014 © Laurent Kronental, BnF, Estampes et photographie

 

Les années 2000, quand le paysage devient style

 

Dans les années 2000, le territoire donne lieu au développement d’une forme imaginaire topographique. A travers les photographies, le style aisément identifiable d’artistes reconnus, tels que Stéphane Couturier, Thibaut Cuisset ou Jürgen Nefzger, contribue à la valorisation des lieux. Les photographes investissent le territoire pour saisir les nouvelles facettes d’un paysage devenu humain, social ou économique.

Stéphane Couturier, Mission photographique du Centre méditerranéen de la photographie, commande « Sédimentation »
Série « Melting Point », Bastia n°1, 2007 © Stéphane Couturier-Courtesy La Galerie Particulière, Paris/Bruxelle Centre méditerrannéen de la photographie, Bastia

 

paysage forêt

Thibaut Cuisset Série « Une campagne française » Sans titre (La Margeride, Lozère), 2010
© Thibaut Cuisset / Observatoire photographique national du paysage
Galerie Les Filles du Calvaire, Paris

Si Bertrand Stofleth s’attarde à capter la présence de l’homme dans un territoire longeant le cours du Rhône, de la Suisse à la Méditerranée, Jacques Filiu, quant à lui, quadrille la ville de Marseille, quartier par quartier pour en montrer les différentes mutations. Pour certains, la volonté d’apporter une touche de style au territoire français passe par une ambition hexagonale. Bertrand Meunier, Xavier Zimmermann ou Gilles Leimdorfer montrent à travers leurs travaux qu’il n’y a pas une vision générale et édifiante du territoire. Chaque photographe va l’exploiter différemment. En parallèle, avec le projet Retour en Lorraine, Alex Jordan et André Lejarre parviennent à créer une carte du paysage qui se dessine dans l’espace comme dans le temps. Venus photographier la casse des usines du bassin de Longwy en 1979, les artistes y retournent 30 ans plus tard. Aujourd’hui comme hier, ils immortalisent le même point de vue d’un territoire qui a subi la désindustrialisation puis la mondialisation, histoire d’affirmer les nombreuses évolutions liées au temps.

Bertrand Stofleth Série « Rhodanie », 2007-2014 Villeneuve, Lac Léman, piscine communale Les Marines, 2013 © Bertrand Stofleth

 

L’être au paysage installe l’homme dans le cadre dès les années 2010

Pour clore ce voyage photographique, on aborde les années 2010 en insérant l’homme au cœur des travaux : un paysage est photographié tel un lieu à habiter. L’homme s’installe, s’immisce dans le cadre et constitue une part entière du paysage. A l’ère des flux, des réseaux de transport et voie fluviales, la capitale française devient lieu d’inspiration pour de nombreux photographes. Les projets d’Ambroise Tézéna montrent les illustres monuments parisiens, quand Frédéric Delangle propose de faire des lieux incontournables de Paris des zones phares combinées avec de la peinture indienne.

Frédéric Delangle France(s) territoire liquide Série « Paris-Delhi » Porte Saint-Denis, 10ème arrondissement, Paris colorisé par Ashesh Josh, 2010 © Fred Delangle ADAGP, Paris 2017, Courtesy Galerie, Binôme, Paris. BnF, Estampes et photographie

 

 

Emmanuelle Jung

 

« Paysages français. Une aventure photographique, 1984-2017 », jusqu’au 4 février 2018, BnF, Paris 13 e 

A lire Paysages français, Une aventure photographique, 1984-2017, éd. BnF, 49, 90 euros

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