Festival des jardins de Chaumont Archives - Extérieurs design

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Festival de jardins de Chaumont : Nature et Culture avec « Le livre de sable »

12 juin 2018 Posted by Paysagiste, Rencontres 0 thoughts on “Festival de jardins de Chaumont : Nature et Culture avec « Le livre de sable »”

Jusqu’au 4 novembre, les amateurs de jardin pourront découvrir trente créations au festival international de Chaumont-sur-Loire avec pour thème « Les jardins de la pensée ». « Le livre de sable », jardin issu de la collaboration entre le collectif d’architecture Moonwalklocal et celui des Paysagistes sans Frontières, propose une lecture innovante de ce sujet qui a retenu notre attention.

 

Une symbiose entre nature et culture à Chaumont

« Le livre de sable », jardin des collectifs Moonwalklocal et Paysagistes sans Frontières. © Eric Sander

 

Avec le thème des « jardins de la pensée », les organisateurs du festival international de Chaumont-sur-Loire ont invité les paysagistes à relever un défi de taille. Comment figurer le travail de l’intelligence humaine au sein d’un jardin ? Les collectifs Moonwalklocal et Paysagistes sans Frontières ont su apporter une réponse intéressante et véritablement originale à ce problème avec « Le livre de sable ». Si l’on a souvent tendance à séparer nature et culture, ces paysagistes ont décidé de montrer à travers leur création le lien qui les unit. Recouvert d’une surface de sable, le jardin accueille des sculptures de bois bleu composées de petites pièces enchevêtrées les unes dans les autres. Cette accumulation d’objets imbriqués figure le fonctionnement de la pensée humaine et son processus de l’association d’idées. Pourtant, ces pensées ne surgissent pas de nulle part. Sous les statues, les membres de ces deux collectifs ont disposé des plantes, symbolisant ainsi le lien vital unissant la pensée humaine à la nature qui l’entoure. Ce lien est d’ailleurs renforcé à travers certains détails. Les paysagistes nous ont ainsi expliqué que les végétaux utilisés sont comestibles et qu’au fur et à mesure de leur floraison, ils se teindront de bleu. Cette comestibilité témoigne du rapport nourricier que la nature entretient avec la pensée de l’homme. De même la couleur bleu induit l’idée qu’une symbiose est possible entre les deux puisqu’ils vont progressivement prendre les mêmes teintes.

 

Un jardin « intertextuel »

Il est original de concevoir un jardin dont un des éléments majeurs est le sable. Avec le passage des nombreux visiteurs de Chaumont-sur-Loire et le souffle du vent, la surface de cet espace est transformée en permanence. C’est justement cette instabilité que recherchaient les paysagistes. Elle figure le mouvement perpétuel de la pensée humaine, construction inachevée et inachevable. C’est ici que l’on comprend la référence du nom du jardin. « Le livre de sable » est une nouvelle de l’écrivain argentin Jorge Luis Borges dans laquelle il est question d’un livre qui n’a ni début ni fin, évoluant en permanence à chaque fois qu’il est ouvert. Les collectifs ont repris littéralement pour leur création cette métaphore du sable représentant l’infini du savoir et de la pensée humaine. On ne peut compter les grains de sable et ceux-ci bougent constamment, empêchant de parvenir à rien de définitif. Ce travail de la référence pour figurer la pensée dans le jardin se retrouve également à travers l’usager de la couleur. Les sculptures évoquées plus haut sont peintes dans une nuance de bleu inspirée par la teinte des vêtements que portent certains hommes à Chinguetti en Mauritanie. Ces derniers sont chargés de garder de très anciennes bibliothèques abritant des savoirs ancestraux. À nouveau, les paysagistes utilisent une référence extérieure au monde du paysage pour figurer la pensée humaine dans le jardin. Ils font de celui-ci un espace « intertextuel », un lieu dont la signification se découvre à travers les multiples liens qu’il tisse avec l’extérieur. La création de ces deux collectifs fonctionne donc lui-même par association d’idées, reproduisant ainsi lui-même un processus essentiel de la pensée humaine.

 

Découvrez l’interview d’Etienne Roby (Paysagistes sans Frontières) et Axel Adam (Moonwalklocal) :

 

David Kabla 

Festival de jardins de Chaumont : la mélancolie douce de « La possibilité d’une île »

7 juin 2018 Posted by Design et styles de jardin, Guide 0 thoughts on “Festival de jardins de Chaumont : la mélancolie douce de « La possibilité d’une île »”

Jusqu’au 4 novembre, le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire accueille 30 jardins éphémères. Avec « La possibilité d’une île » , l’Allemand Ulli Heckmann propose un jardin entre tableau vivant et espace méditatif.

 

Un jardin qui déjoue les attentes à Chaumont

« La possibilité d’une île » de Ulli Heckmann. © N. Degardin

 

On imagine généralement un jardin comme étant essentiellement composé de végétaux. Si cette constatation tombe sous le sens, elle n’a vraisemblablement pas arrêté l’Allemand Ulli Heckmann pour créer le jardin « La possibilité d’une île » exposé au festival international des jardins de Chaumont. C’est l’eau qui occupe ici l’essentiel de l’espace, la flore ne se manifestant qu’à travers un seul élément : un érable rouge du Japon. Une attitude de défi à l’égard des conventions semble avoir habité le paysagiste lors de la conception de ce projet de jardin non plus végétal mais aquatique. De même, il lui a fallu pour cela réussir à faire pousser un arbre au milieu d’une surface d’eau, chose à priori impossible. Pour accomplir cette tâche, il a fait preuve d’ingéniosité en isolant la partie immergée de l’arbre, l’empêchant ainsi de pourrir au contact de l’eau. Cette « possibilité d’une île » se présente donc comme une curiosité au sein d’un festival de jardins en reléguant les plantes au second plan et en faisant appel à un savoir-faire rarement utilisé dans le domaine du paysage.

 

Un jardin conceptuel

"La possibilité d'une île" de Ulli Heckmann. © Antoine Durand

« La possibilité d’une île » de Ulli Heckmann. © Antoine Durand

 

L’originalité de cette création exposée à Chaumont-sur-Loire se retrouve également dans son caractère contradictoire. Son titre fait ouvertement référence au roman de l’écrivain français Michel Houellebecq, ce qui le place sous le signe d’une certaine mélancolie caractéristique de cette œuvre. En effet, le jardin est particulièrement sombre avec son érable rouge et son plan d’eau couleur prune. L’isolement du seul élément végétal semble renvoyer au sentiment de solitude qui écrase la majorité des personnages du roman de l’auteur. De plus, on peut aisément voir dans cette création l’image des conséquences à venir du réchauffement climatique avec ces inondations de plus en plus fréquentes et violentes. Pourtant, il serait simpliste de réduire cette création à ce seul aspect. L’espace est aussi particulièrement apaisant et la plage de galet et l’érable rouge renvoient aux jardins japonais propices à la méditation. Des grenouilles y ont également élu domicile et l’égayent de leur croassement. « La possibilité d’une île » paraît donc être à la confluence de deux humeurs, phénomène que l’on retrouve à travers son titre même. S’il renvoie au roman d’un écrivain réputé pour son pessimisme, c’est aussi un jeu de langage, ce jardin explorant littéralement cette « possibilité d’une île » avec un arbre planté au milieu de l’eau. Le caractère original de cette création peut s’expliquer par le métier d’architecte d’Ulli Heckmann, profession qui l’a peut-être poussé à envisager son projet d’une façon plus conceptuelle.

 

David Kabla

Festival des jardins de Chaumont : déambulez dans  » Le Temple de la pensée »

28 mai 2018 Posted by Professionnel, Rencontres, Tendances 0 thoughts on “Festival des jardins de Chaumont : déambulez dans  » Le Temple de la pensée »”

Chaque année, Extérieurs Design parraine un jardin au  festival de Chaumont : le caractère interactif du projet de  Laura  Le Gal, Pauline Goffin et Olivia Frapolli  a cette fois séduit la rédaction. Avec elles, laissez germer vos idées dans leur « Temple de la pensée »!

 

FESTIVAL DES JARDINS DE CHAUMONT SUR LOIRE 2018 – MAI – ©ERIC SANDER POUR LE DOMAINE

 

Trois architectes passionnées de jardin

Laura  Le Gal, Pauline Goffin et Olivia Frapolli  sont  architectes à  l’agence TLA à Montpellier. Habituellement, elles travaillent ensemble dans la construction de logement collectif, des équipements. Le jardin ? Elles l’abordent  dans le volet paysager, qui reste généralement  de l’ordre de l’aménagement des abords du bâtiment. Toutes les trois ayant une sensibilité allant au-delà de l’architecture, elles se sont  toujours intéressées à l’aménagement extérieur, et ont décidé l’an passé de participer en 2017  au Festival des cabanes d’Annecy. Intervenant habituellement, uniquement sur la conception, elles apprécient  de prendre pleinement part à la réalisation concrète de leur projet. Fortes de cette première expérience et public fidèle du Festival de Chaumont, portées par le thème de 2018, elle ont décidé  de concourir : «Dans ce projet « Temple de la pensée »,  on a utilisé nos outils d’architecte dans la construction de bois qu’on a pu étendre à l’univers du jardin. Et on a été accompagnées par des confrères paysagistes, qui nous ont aidées pour la conception, le choix des essences. On travaille au sein d’un coworking, et dans cet espace il y a un paysagiste, de l’agence Séquoia Architecture,  qui nous a conseillées. »

Un jardin où le visiteur est aussi acteur

Le jardin se présent comme un espace à la fois simple et sacré.  Une structure en bois accueille, protectrice, les déambulations du visiteur, et au fur et à mesure que le festival avance et que les cultures émergent, une profusion de couleurs et d’odeurs. Dans ce chemin aléatoire, le promeneur atteint un patio central où il  jette une graine, à l’image de la Fontaine de Trévi à Rome, pour laisser germer ses  idées. Ce dédale est savamment organisé, les plantations sont structurées en bandes thématiques et se prolongent sur les côtés, pour éviter tout effet d’enfermement. La structure en bois qui préside à ce « Temple de la pensée » a été sponsorisée par Piveteau Bois, qui a fourni aux trois architectes le Douglas : «  ils nous ont accompagnées sur l’aspect technique, la mise en œuvre; les sections que l’on pouvait utiliser, les assemblages que l’on avait prévu de mettre en œuvre. Et ils nous ont aussi prêté main-forte sur cette partie. »

 

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