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Sculpture au jardin avec le « Jardin du feu »

En Normandie, dans le petit village de la Chapelle-sur-Dun, le terrain de Robert Arnoux abrite une création où se mêle sculpture et paysagisme. Ce «Jardin du Feu» met en scène l’histoire d’un élément essentiel de la nature et indissociable de l’humanité.

 

Le « Jardin du feu », l’histoire d’un élément inhérent à la vie

Jardin du Feu © Yann Monel

 

Première étape de l’aménagement de son terrain en un vaste parc de sculptures, le « Jardin du Feu » se présente comme une vision très personnelle de l’histoire du feu par le sculpteur Robert Arnoux. Entamée en 2016, cette création est le fruit de sa collaboration avec le paysagiste Guillaume Gosse de Gore avec lequel il a commencé à travailler en 2012 pour l’exposition « Terre des Âmes » aux Jardins de Séricourt. Avec cette nouvelle réalisation, le sculpteur a voulu raconter l’histoire de cet élément essentiel à la vie sur terre. Il explore la façon dont le feu est apparu, d’une simple étincelle à son surgissement hors des entrailles de la terre, avant de consacrer une réalisation conséquente à la relation qui s’est tissée entre ce dernier et l’Homme.

 

Une galerie à ciel ouvert

Jardin du Feu © Yann Monel
Jardin du Feu © Yann Monel

 

Ses sculptures, que l’on retrouve dans l’ensemble du domaine, frappent par leur représentation du corps. L’être humain apparaît sous la forme d’une silhouette épurée. Pas de visage, de bras ou de jambes, hommes et femmes sont réduits à l’essentiel. Pourtant, de ces œuvres se dégagent une véritable émotion. À travers un savant travail sur les rondeurs et les poses, le sculpteur parvient à donner à ces statues un aspect vivant, sensuel. La nuance de beige légèrement orangé de la matière ajoute également une certaine impression de douceur. L’épure du style, en gommant les traits de l’individu, confère une universalité à ces figures qui apparaissent comme des représentations intemporelles de la condition humaine. Pour parvenir à ce rendu particulier du matériau, Robert Arnoux utilise une méthode originale : il applique la technique de la fresque à la sculpture. Ainsi, il pose de nombreuses couches d’accroche avant de déposer un enduit très fin. Ce résultat est l’aboutissement d’un long travail. Il fallait une matière qui puisse résister aux aléas du climat (chaleur, froid, humidité…). Après de nombreux essais, l’artiste a abouti à ce matériau résistant et léger, idéal pour une installation en extérieur.

 

Un jardin comme un écrin végétal

Jardin du Feu © Yann Monel

 

Le jardin qui abrite ces trois réalisations forme un écrin autour des créations sculpturales. Si cette végétation est peu présente à l’entrée du site ( plantes basses telles que des imperata red baron ou carex doré pour les deux premiers ensembles), elle se fait de plus en plus dense pour encadrer le dernier cercle avec des haies, des arbustes (berberis, maria…) ou encore des plantes verticales (miscanthus gracilimus)… La flore suit la progression du feu. Ainsi l’apparition de l’homme dans le jardin semble correspondre à l’épanouissement de la nature. Celle-ci confère aux scènes décrites plus haut un air de ressemblance avec les peintures italiennes de la Renaissance. À l’instar de celles-ci, Robert Arnoux représente souvent des scènes de famille, de maternité et cette végétation dense mais maîtrisée rappelle les jardins qui servent presque toujours de décor à ces œuvres picturales. Le sculpteur et le paysagiste Guillaume Gosse de Gorre paraissent donc avoir repris cette association de la nature à la représentation de l’originel, ces statues ayant elles aussi vocation à figurer des scènes à la fois immémoriales et intemporelles de l’humanité.

 

Découvrez nos images du « Jardin du Feu » :

 

 

David Kabla

 

 

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