Le jardin, une pièce en plus ? - Extérieurs design

Le jardin, une pièce en plus ?

6 août 2018

Fort d’une longue expérience, Jean-Michel Petiaut a vu  évoluer le secteur du paysage et la demande des clients, comprenant le jardin comme une pièce extérieure .  Avec son équipe, il signe dans l’Aveyron des jardins à la végétation abondante, empreints de naturel, notamment  par la présence vivante de l’eau. 

Réalisation Jean-Michel Petiaut, www.petiautpaysagiste.com

 

Jean-Michel Petiaut est arrivé dans le métier par curiosité personnelle, poussé par un souci d’esthétique et une attirance pour la nature. « J’ai le sang vert, je ne saurais pas faire autre chose », dit-il avec une pointe d’humour, mais surtout une forme de modestie, voire de reconnaissance vis-à-vis de l’élément naturel. Adolescent, il suit une spécialisation horticole, puis intègre une petite entreprise. Technicien de terrain en saison, paysagiste dessin en hiver, son souci de la perfection lui fait développer l’aspect commercial : « Je trouvais que le paysage que je produisais n’était pas assez pointu. » On comprend qu’il monte en 1991 sa propre affaire, pour concevoir de A à Z ses projets. Dès le départ, il met l’accent sur la création de jardins, et, finalement, fait peu d’entretien, inversement aux points forts de l’activité à l’époque. « J’ai un goût pour l’aquatique, j’aime créer des scènes d’eau, avec des petits bassins comme avec des fontaines. Je n’hésite pas à proposer une piscine à un client, même quand ce n’est pas  à l’origine dans sa demande. » Pour lui, le bassin est intimement lié au jardin, c’est un élément qui s’intègre, les abords doivent être réfléchis, travaillés, pour assurer une harmonie avec le lieu ; l’eau est l’un des éléments de sa signature paysagère. « C’est d’une richesse incroyable, on n’a jamais les mêmes reflets, les mêmes angles, les mêmes couleurs. Qui ne s’est jamais arrêté devant de l’eau qui bouge ? » Dans un cadre quasi luxuriant, il va valoriser le naturel de la pierre, ailleurs, il n’hésite pas à associer des lagunes avec des nénuphars autour de bassins à traitement de sel.

Un homme de réseaux

Pendant des années, il a travaillé seul. être dans un réseau avec Alliance Paysage lui apporte aujourd’hui de l’ouverture. « On partage beaucoup entre les adhérents, on se communique des expériences, des formations. Pour moi, c’est un vrai réseau de management de paysagistes, que ce soit sur la gestion, le management, mais aussi sur toute l’évolution de la perception de la “professionnalisation” du métier. J’appartiens aussi au réseau Everblue, qui aide pour les partenariats d’achats aux fournisseurs, la maintenance technique. »

Réalisation Jean-Michel Petiaut, www.petiautpaysagiste.com

 

Être en phase avec  la clientèle

« Les gens ne connaissent pas assez le métier de paysagiste, même certains corps d’état. » Plus qu’un showroom, Jean-Michel veut créer un jardin éphémère dans lequel le visiteur sera transporté dans des scènes très différentes et, surtout, qu’il réapprenne à regarder. « Suivant les départements, c’est différent. Il faut être en phase avec la clientèle, avec son budget. » Avec ces années d’expérience, des histoires de jardins, Jean-Michel Petiaut en a à foison pour peu qu’on prenne le temps. Mais toutes, finalement, parlent de rencontres. « Une année, je fais un jardin éphémère sur le Salon de l’habitat de Rodez. C’était presque l’heure de la fermeture. Un visiteur s’arrête : il avait une vieille piscine à restaurer et à orner, un véritable “vaisseau amiral” des années 1980 qu’il fallait transformer. Mais il ne trouvait personne qui comprenne ses besoins. J’ai présenté sept projets sur un an avant d’avoir son feu vert et de réaliser le chantier par étapes. Il fallait prendre en compte l’environnement : sa compagne habitait sur son lieu de travail et voulait séparer son activité professionnelle de son intimité. Lui voulait une vraie cohérence esthétique, et, au contraire, quand il recevait des clients, il aimait à terminer le rendez-vous à l’extérieur, dans la quiétude d’un espace aquatique. » Pour d’autres, il réalise un rêve. « Un client me dit : “Je voudrais marcher sur l’eau !” De ce fait, j’ai construit un ponton en bois exotique, animé par un éclairage filaire, pour que, le soir, il puisse voir les étoiles en haut et en bas… » S’il était empreint de poésie, le projet n’en était pas moins technique : six mois et demi sur 400 mètres carrés. Compte tenu du lieu, il fallait respecter les volumes, travailler les hauteurs, renforcer un mur de soutènement en pierre.

Réalisation Jean-Michel Petiaut, www.petiautpaysagiste.com

 

Le jardin est une pièce extérieure

« Quand je suis sorti de mes études dans les années 1980, la vision d’un jardin était basique : il fallait simplement une pelouse et quatre arbres, dont un forsythia, un prunus, un cyprès. Aujourd’hui, nos clients lisent des revues, qui leur donnent des idées, et viennent nous voir pour qu’on les retranscrivent. Ils veulent des recoins travaillés. Le jardin suit l’évolution de la maison, c’est une pièce extérieure. Il évolue sur l’aménagement, les circulations. Les gens ont tendance à moins planter, et les jardins à être mieux finis. » Souvent, il remarque, qu’à la fin du chantier,  les clients ont oublié le plan. « Ils se déchargent sur nous en nous choisissant, ils nous font confiance pour l’harmonie. On voit de tout, des petits projets, des plus grands. Le jardin a sa place dans les projets, mais ce n’est plus le jardin de nos parents. Il faut l’utiliser et le créer pour qu’il ait une âme rapidement. »

Réalisation Jean-Michel Petiaut, www.petiautpaysagiste.com

Nathalie Degardin

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