Categories Entreprise, Rencontres

Fatboy, la marque de la légèreté !

Colorés, ludiques, les produits Fatboy bénéficient d’un capital sympathie dont la marque a fait sa signature. Au dernier Maison & Objet, rencontre inédite avec Alex Bergman, à l’origine de cette success-story.

pouf rouge fatboy

Il parcourt le monde, a mille idées à l’heure, déborde de créativité et délivre un concept à la minute. Pour autant, Alex Bergman, tête pensante et fondateur de Fatboy, n’accepte pas facilement de se livrer. Il aura fallu du temps, de la patience,de la confiance, pour qu’en ce mois de septembre il accepte de se poser avec la rédaction d’Extérieurs Design et d’accorder sa première interview à un média français depuis une longue période. L’aventure a démarré juste avant l’an 2000, avec un simple pouf XXL, devenu aujourd’hui une icône. Dès le départ, Alex Bergman croit en ce produit créé par Jukka Setälä et se demande comment le diffuser ; il finit par répondre à sa question en montant lui-même Fatboy en 2002. Depuis, cette assise cosy et colorée diversifie les versions, les couleurs, et a conquis plus de cinquante pays !

Rockcoco fatboy

Un visionnaire, Alex Bergman ? Il semble étonné quand on le lui suggère. Et pourtant, depuis sa création, Fatboy s’inscrit pleinement dans la vie contemporaine, en multipliant les passerelles entre l’indoor et l’outdoor dans ses collections, et est totalement ancrée dans ce qu’on appelle communément le lifestyle. Car pour Alex Bergman, plus que décliner des collections, c’est un univers qu’il construit, avec un credo : rendre la vie quotidienne plus fun et, surtout, « vous faciliter le fait de ne rien faire ». Comme un éloge de la paresse, Alex Bergman insiste sur cet esprit qui sous-tend toutes ces créations : se poser, sans culpabiliser, simplement prendre le temps de… prendre le temps ! S’autoriser cette légèreté dans nos vies stressées ! Être réactif sans trop se prendre au sérieux, c’est ce que l’on ressent à l’écouter.

Snacklight fatboy

Il vous raconte sans détour cette foire londonienne où il est arrivé en retard, pris dans les embouteillages de la capitale. En deux temps trois mouvements, le stand est monté, sous le regard étonné, puis admiratif des exposants voisins, et l’équipe se pose sur les tapis et les assises. À cette époque, Dodi Al-Fayed visite le salon, avec une grande délégation. Méconnaissant le protocole, au milieu des Anglais médusés, Alex Bergman l’invite spontanément à s’asseoir sur un pouf Original. Une image incroyable, qui lui est restée, certes, mais, surtout, le « vous avez le bon label » lancé par l’homme d’affaires après ce bref passage confirme au Hollandais le potentiel de Fatboy, qui est davantage d’exprimer un style de vie que des produits. Il a ainsi grandi avec la marque, fort d’une entreprise qui aujourd’hui comprend quatre-vingt-dix personnes et distribue ses produits dans plus de cinquante-cinq pays. Une griffe branchée, que des groupes accueillent sur scène ou que des acteurs adoptent pour sa légèreté, ainsi le chanteur Robbie Williams aurait voulu son propre Attackle!, soit ce banc en forme de chien !

CooperCappie fatboy lampe

Il crée pratiquement tous les modèles, et quand on regarde le pouf de départ, on comprend le déclic, car ce qui l’inspire, et ce qui caractérise son design, ce sont avant tout des formes simples, « basiques, primaires, précise-t-il. « Avec Edison, nous avions fait en sorte que l’ampoule devienne luminaire!» Cette création est aujourd’hui déclinée en différentes tailles. Dans le même esprit de simplicité, la suspension Bolleke, luminaire récemment sorti, est une boule qui s’accroche comme les boules de Noël. Qu’il s’agisse de luminaire, d’assise ou d’un autre objet, Alex Bergman aime l’idée que le client puisse se l’approprier pleinement. Ainsi, les gammes sont déclinées dans de multiples couleurs et versions, ou dans un principe de customisation, avec un éventail d’abat-jour disponibles pour certains luminaires, voire dans une conception franchement sur mesure : pour les suspensions Candyofnie, on choisit parmi les éléments ceux que l’on souhaite associer, comme pour composer un collier de perles. « J’aime qu’il y ait un côté ludique », explique Alex Bergman. Quand on lui demande comment il imagine l’extension des collections, il sourit : « Je fonctionne à l’instinct. Je ne pense pas à ce qui peut marcher, je pense avant tout à ce qui me plaît. Aujourd’hui, nous sortons une nouvelle gamme de tapis, avec un graphisme très vintage, qu’on peut accrocher comme des tapisseries sur les murs ! Alors pourquoi pas une valise, demain ? » Et d’embrayer sur unguide des capitales européennes que pourrait éditer un jour Fatboy, pour suggérer des hôtels, des restaurants, ou plutôt la conception d’une sorte de plateforme, un prolongement naturel de cet art de vivre à la Fatboy ? En tout cas, il s’agit bien de l’expression d’un créateur tous azimuts qui décrypte parfaitement l’air du temps.

 

Nathalie Degardin

FERMER
CLOSE